Alors que dans cette folle canicule de juillet la France n’en finit pas de se consumer dans le mauvais feuilleton Macron/Benalla, une autre histoire a enfin trouvé son heureux épilogue.

Elle débute en 1999 quand Michaël Blanc, âgé de 26 ans, est arrêté en Indonésie avec 3,8 kgs de haschich dissimulés dans des bouteilles de plongée.

Après avoir échappé de peu à la peine de mort, après avoir vu sa condamnation à perpétuité ramenée à 20 ans, c’est ce 22 juillet 2018 que cet aventurier malheureux à la « Midnight Express » a retrouvé sa totale liberté, son pays, sa famille et ses proches.

Dans ce destin douloureux où une sanction totalement disproportionnée lui a volé 20 ans de sa vie  – il a toujours clamé son innocence – que serait-il devenu sans l’amour, l’amour d’une mère ?

Dès 2000, sa mère, Hélène Le Touzey, décide de tout abandonner en France et s’installe en Indonésie pour soutenir son fils, le porter à bout de bras pour qu’il ne sombre pas dans un désespoir destructeur sans issue.
Pendant toutes ces années, si loin de ses racines, cette femme mènera ce long combat jusqu’à la délivrance.

Comment ne pas être admiratif face à cette force, à cette persévérance, à ce courage, à cette foi en son combat, à son engagement absolu, ce presque oubli de soi ?
Quand on lui demande comment elle a pu tenir aussi longtemps, d’où lui vient cette force, elle répond simplement que n’importe quelle mère, n’importe quel parent aurait agi de la même manière.
Je voudrais le croire.

Quel exemple ! Quelle leçon !

Quand je prends un peu de recul, que je rapproche ces deux événements qui cohabitent étroitement sur la ligne du temps, qui se font face et que je compare l’arrogance de ce banquier chef de clan qui voudrait être monarque avec la grandeur dépouillée de cette femme, je perçois toute la fracture, l’abîme infranchissable qui existe entre ceux qui nous dirigent, cette prétendue élite, et nous, la plèbe.

Mais aussi, de suite, j’entends comme dans un lointain murmure obsédant toutes ces personnes anonymes dont nous ne connaîtrons jamais l’existence et qui dans la nuit de leur anonymat mènent au quotidien des combats, poursuivent leur engagement, parfois jusqu’à la mort.
Héros et héroïnes anonymes, reines et rois sans cour, sans privilège mais qui au milieu de la nuit, comme des lucioles, bâtissent des royaumes de résistance lumineux et scintillants.

Mais quand vient la fin du chemin, l’heure du bilan, seuls les actes sont pris en compte et c’est à cela, et à cela seulement, que l’on mesure la véritable valeur d’un homme, d’une femme.

En réalité tous ces petits rois trônent sur du sable.

Yves Alié / 30.07.18